Comment l’Europe organise-t-elle son industrie navale face à la montée en puissance des asiatiques?


Vendredi 1er janvier 2021, le Japon a accepté le projet de création de la coentreprise Nihon Shipyard, détenue par les deux leaders nationaux de la construction navale : Imabari Shipbuilding et Japan Marine United. Cette création répond à la concentration de la concurrence dans le secteur naval militaire en Asie, suite de l’apparition de supers constructeurs en Corée du Sud puis en Chine.


Par des fusions successives, ces trois pays espèrent que leurs entreprises atteignent une taille critique leur permettant de générer des économies d'échelle. Ce faisant, ces dernières pourront gagner en compétitivité afin de remporter des appels d’offres à l’international.


En Europe, face à cette situation, le français Naval Group et l’italien Fincantieri ont créé la joint-venture Naviris. Cette opération visait une réduction des coûts et donc une augmentation de la compétitivité européenne afin de faire face à la montée en puissance des acteurs asiatiques, la mutualisation de la R&D et de la production permettant de partager les coûts de production mais aussi de produire à plus grande échelle.


De plus, le partenariat entre ces deux groupes remédie à la fragmentation de l’offre européenne. En effet, les entreprises européennes se livrent à une concurrence acharnée sur les marchés internationaux, les exportations étant essentielles à leur développement. Une offre européenne commune autoriserait ainsi de plus grandes chances de remporter des appels d’offres.


Le secteur de la production navale militaire est ainsi en pleine évolution avec une concentration toujours plus importante des entreprises présentes sur le marché. Les pays européens tentent ainsi de renforcer leur industrie par des partenariats afin d’atteindre une taille critique. Cependant, les nombreuses divergences de stratégies nationales entraînent de nombreuses difficultés dans l’établissement d’une politique européenne claire.



Auteur: Jean Gauch

Rédacteur en chef: Joseph D.