Comment l’extrême droite a placé ses thèmes au centre du débat public?


C’est une rhétorique lancinante du Front national. Après l’assassinat d’une agente administrative, au commissariat de Rambouillet le 23 avril, Marine Le Pen s’est saisie des premiers éléments d’enquête du Parquet national antiterroriste – l’auteur est un ressortissant tunisien, régularisé dix ans après son arrivée clandistine en France – pour fustiger le laxisme du gouvernement en matière de sécurité et capter les colères. La dirigeante d’extrême droite martèle un discours rodé : «soutenir notre police, expulser les clandestins, éradiquer l’islamisme».

Quand 86% des électeurs affirment que le poids de l’insécurité en France sera « important » dans la constitution d’un choix de vote en 2022, selon un sondage IFOP. L’enjeu est capital pour la droite qui revendique ce sujet comme le sien. Le plaidoyer des partis de droite en faveur d’un durcissement régalien intervient dans un contexte de course à la présidentielle. Xavier Bertrand, candidat, dénonce un «effondrement de l’autorité» et une France «gangrénée par l’insécurité, la violence et l’islamo-gauchisme». Il revendique des peines minimales automatiques et une période de rétention de sûreté de cinquante ans pour les terroristes.

Tandis que 65% des Français dressent un bilan négatif de son action sécuritaire, Emmanuel Macron est sur la défensive. Se battant «pour le droit à la vie paisible», le Président brandit les réformes régaliennes conduites par MM. Darmanin et Dupond-Moretti durant son mandat («sécurité globale», «séparatisme», justice). En se saisissant de l’enjeu sécuritaire, les partis traditionnels de droite et les Marcheurs se disputent le large électorat sensible à cette question. Les prétendants à l’Elysée jettent l'opprobre sur l’institution judiciaire et l’action insuffisante du gouvernement actuel pour assurer la sécurité des Français afin de rendre la droitisation de M. Macron moins visible.

Auteur: Flavien Pierriere Rédacteur en chef: Isabelle M


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