Comment l'OIF s'implique-t-elle dans la résolution de conflits ?


Lors du G5 Sahel en février 2021, Louise Mushikiwabo, secrétaire générale de l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF ou la Francophonie), réitérait le soutien de l’OIF aux missions de sécurisation en cours dans la région. Composée de 88 Etats et gouvernements francophones et francophiles, elle s’illustre principalement par des programmes de coopération éducatifs, culturels ou économiques. Plus discrètement, l’OIF est engagée sur le terrain militaire à travers des opérations de maintien de la paix et de prévention des conflits. La Francophonie donne une dimension sécuritaire concrète à ses activités depuis la Déclaration de Saint Boniface de 2006. Sur les 14 opérations de maintien de la paix (OMP) de l’Organisation des Nations Unies (ONU) en cours dans le monde, 6 ont lieu dans des pays membres de l’OIF, et certains autres pays membres souffrent d’instabilité et de conflits, comme le Liban ou l’Arménie. Ne possédant pas d’armée propre, elle va donc inciter ses pays membres à contribuer aux efforts des Nations Unies. En 2000, les membres de l’OIF représentaient seulement 6% des forces déployées avec l’ONU ; en 2016, ce chiffre s’élève à 38% avec 57 Etats.

La langue française va être utilisée comme un outil dans les OMP et la prévention des conflits. Avec le Réseau d’Expertise et de Formation Francophone pour les Opérations de Paix (REFFOP), des formations et échanges de bonnes pratiques militaires sont organisés entre les membres. La Francophonie va également contribuer à la publication de rapports et de discussions sur les conflits armés grâce à l’observatoire Boutros-Boutros Ghali. Ainsi, l’OIF fait du point commun unissant ses pays membres le fil conducteur de sa politique sécuritaire. Elle reste cependant critiquée sur ce terrain, certains considérant qu’elle sert l’agenda militaire français ou encore que ses actions sont inefficaces.


Auteur: Aurélie Plumeleur