Comment l’UE préserve-t-elle son leadership écologique au sein de la “diplomatie verte”?


La banquise est à son plus bas niveau depuis 1979, des incendies phénoménaux ravagent la Sibérie et une saison hivernale parmi les plus chaudes s’est abattue sur l’Europe: 2020 aura été l’année de tous les records climatiques. Et si les observations météorologiques sont loin d’être en progrès, les puissances mondiales semblent déterminées à faire figure de bons élèves. Avec l’arrivée à la Maison-Blanche de Joe Biden, les USA cherchent à retrouver une place centrale dans la lutte contre le réchauffement climatique. Lors du sommet mondial sur le climat organisé le 22 avril 2021 par le successeur de Trump, les Etats-Unis ont annoncé doubler leur objectif de réduction des gaz à effets de serre. La Chine et le Brésil ont aussi pris part au sommet, en s’engageant sur une neutralité carbone et un ralentissement de la déforestation, signe de l’importance géopolitique de cette “diplomatie verte”. Mais le combat climatique était jusqu’alors mené par l’Europe, qui votait, à la veille du sommet climatique, une loi climat pour l'ensemble de ses 27 membres. Ces derniers s’engagent sur une baisse de 55% de leurs émissions carbone d’ici 2030 par rapport à 1990.


Très critiqué par les partis verts et les ONG qui estiment les négociations bâclées, le caractère collectif de l’accord, dont les objectifs s’appliquent à l’ensemble des Européens, dérange autant que les mesures jugées insuffisantes. Les eurodéputés verts auraient en effet souhaité envisager une baisse de 60% des émissions carbone, tandis que Greenpeace préconisait de pousser jusqu’à 65%.

L’UE tente donc de conserver son avance en matière d'ambitions écologiques pour asseoir son importance diplomatique dans la lutte pour le climat. Reste à savoir si cette concurrence au volontarisme sera à la hauteur des enjeux climatiques.


Auteur: Gabrielle M

Rédacteur en chef: François Ladouce