Comment l’UE se mobilise-t-elle afin de défendre Navalny et ainsi condamner la Russie?


Cinq mois après avoir échappé à une tentative d’assassinat, le principal opposant du président russe Vladimir Poutine, Alexeï Navalny, est arrêté dès son arrivée à Moscou, le 17 Janvier dernier. Au risque de sa vie et de sa liberté, Alexeï Navalny continue son combat. Son arrestation suscite de vives réactions en Europe, qui milite pour sa libération et exige des sanctions contre la Russie.


Critique féroce du régime de Poutine, Navalny est tombé gravement malade le 20 août à bord d’un avion en partance de Sibérie pendant qu’il était en campagne électorale pour des scrutins locaux et régionaux. Il a été transféré dans un hôpital berlinois duquel il a pu sortir quelques mois plus tard. Il accuse les services secrets russes d’avoir voulu l’assassiner. Moscou a toujours nié toute implication dans cet empoisonnement. Concrètement, il est reproché à Navalny de ne pas s’être présenté à un commissariat comme il en avait l’obligation. Or, il était soigné en Allemagne suite à cet empoisonnement.


Le président du Conseil européen, Charles Michel, a été le premier à réagir suite à l’arrestation de Navalny, qu’il qualifie d'inacceptable. La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, rappelle que «la détention d'opposants politiques est contraire aux engagements internationaux de la Russie». Ainsi, cette arrestation serait contraire au droit international, donc illégale. Pour les pays européens (Angleterre, France, Allemagne…) il s’agit d’une «offense faite à la communauté internationale» et tous réclament immédiatement la libération de Navalny.


Pour les eurodéputés, l'arrestation d'Alexeï Navalny est un moyen de le réduire au silence à l'approche des élections législatives en Russie cet automne. Pour le porte-parole de la diplomatie européenne, Josep Borrell, les sanctions ne sont pas une réponse politique. Il s’est donc rendu à Moscou le 7 Février dernier mais sa visite a été jugée catastrophique et a entraîné une pétition en faveur de sa démission.


Il est fort à parier que Vladimir Poutine ne cédera pas, ou bien difficilement, aux injonctions européennes. La Russie va-t-elle libérer Alexeï Navalny ? Dans le cas contraire, des sanctions envers la Russie sont-elles susceptibles de déclencher des représailles à l’encontre des pays européens ?


Auteur: Lisa Begouin

Rédacteur: Marie-Alice Girardet