Comment l’Union Africaine souhaite renforcer sa dépendance financière ?


Le financement de l’Union Africaine (UA) est actuellement caractérisé par une forte imprévisibilité et dépendance vis-à-vis des bailleurs de fonds étrangers. L’objectif d’autofinancement s’oppose à un manque de responsabilisation des Etats membres qui ne versent pas leurs cotisations annuelles à l’organisation. Pour l’année 2017, les partenaires internationaux devraient s’acquitter de presque les trois quart du budget, soit un pourcentage de 73.79%. Les états membres quant à eux contribuent à 26.21% du budget, dont 60% supporté par seulement 5 pays. L'Union africaine fait également face à de nombreux problèmes structuraux et d’insuffisances managériales. Ce n’est qu’en 2005 que l’UA a commencé à faire la différence entre le budget de fonctionnement et celui dédié à ses programmes. En 2017, des 62.45% du budget dédié au financement des coûts de fonctionnement, seul 37.55% étaient destinés au financement des programmes. L’activité de l’Union est jugée très ambitieuse et la plupart de ses initiatives ne prennent pas en compte sa situation financière, poussant l’organisation à trouver des sources de financement alternatives provenant notamment de l’étranger. D’où provient le reste du budget ? Le principal bailleur de fonds étranger est l’Organisation des Nations Unies. Sa contribution est passée de 45%, en 2009, à environ 75%, en 2018. L’Union européenne est également partenaire de l’UA pour les questions de maintien de la paix. La Chine, quant à elle, continue d’étendre son influence sur le continent et offre à l’Union un nouveau siège à Addis-Abeba en Ethiopie, pour un coût estimé à 200 millions de dollars. Consciente de ces défaillances, l’UA s’est fixée pour objectif de financer 100% du budget opérationnel de l’organisation, 75% des budgets des programmes et 25% des opérations de maintien de la paix d’ici 2021. L’organisation a notamment mis en place une politique de taxation estimée à 0.2% des importations, appliquée aux produits non africains. Auteur: Assiya HASNI

Rédacteur en chef: Agathe Mangot