Comment la condamnation de Sarkozy rebat-elle les cartes des élections présidentielles de 2022 ?


Suite à la condamnation de Nicolas Sarkozy pour l’affaire des « écoutes » et sa possible non-éligibilité à la Présidentielle de 2022, le paysage politique français s’en trouve bouleversé. Sans la perspective d’un recours de Sarkozy, la droite doit trancher entre plusieurs stratégies électorales, alors que d’autres partis se positionnent en conséquence. Bien que Nicolas Sarkozy a annoncé à maintes reprises son refus de briguer un deuxième mandat, cette condamnation risque néanmoins de modifier quelques plans, car l’ancien président est aujourd'hui encore irremplaçable à droite. En effet, plusieurs cadres Républicains pariaient sur sa candidature afin de galvaniser une base électorale apathique. Déçu par l’évolution d’une droite qu’ils considèrent comme étant privée de leader, certains voyaient le retour de Sarkozy comme « une espérance ». Pour les élus et les militants, la campagne présidentielle ne peut avoir lieu que sous la bannière LR ; une position que les départs de cadres comme Xavier Bertrand et Valérie Pécresse ont rendus difficile. Pour les autres partis, cette condamnation est loin d'être anodine. Elle débarrasse Emmanuel Macron d’un rival important, qui pourrait même devenir un soutien tant l’ancien chef d’Etat est resté évasif sur sa position politique. À droite toute, on se réjouit également ; le RN voit ce retrait comme une menace en moins, alors que l’UMP avait, en 2012, marché sur les plates-bandes du FN. Le risque de voir le vote de la droite dure se diviser s’en retrouve donc amoindri. La condamnation de Sarkozy risque de donner bien des maux de tête aux stratèges Républicains, tant il est primordial pour eux d’éviter les divisions qui avaient plombé la droite en 2017. Mais sans figure de proue à l’heure actuelle, trouver un élément fédérateur au sein du parti s’annonce complexe.

Auteur: Paul Sautereau Rédacteur en chef: Margot Cocquet

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