Comment la défense anti-missile d’Israël lui permet-elle de sanctuariser son territoire ?


La récente escalade du conflit israélo-palestinien s’illustre, dans la presse internationale, par la diffusion de vidéos montrant la guerre des missiles entre le Hamas et les militaires israéliens. Depuis la guerre de 2006 contre le Hezbollah, en passant par les « deux guerres de Gaza » en 2012 et 2014, Israël est confronté à une nouvelle forme de menace sur son territoire : celle du bombardement de cibles civiles. Inexistant jusqu’aux années 1990, son système de défense a évolué et apparaît désormais comme très perfectionné. Lors des guerres contre les États arabes, Israël a toujours préféré l’attaque à la défense, prônant souvent la « légitime défense préventive ». Depuis la guerre Iran-Irak et face à l’Iran présenté comme une nouvelle menace existentielle, Israël a développé de vastes programmes de défense anti-missiles balistiques nommés Arrow (1, 2 et 3), capables de détruire des missiles balistiques dont la portée dépasse 2 400 km. Cependant, ces systèmes ne protègent pas Israël contre les projectiles autopropulsés tirés à ses frontières car ceux-ci ont une courte portée ce qui réduit le temps d’interception en vol. C’est pour cette raison qu’Israël a mis en place le « Dôme de Fer » et la « Fronde de David ». Le premier moyen de défense intercepte des projectiles d’une portée allant de 4 à 70 km. Le second vise à détruire des projectiles avec une portée entre 40 et 300 km. Aujourd’hui, ces batteries de missiles interceptent en vol les roquettes lancées depuis Gaza. Ces systèmes de défense ne sont pas exempts de faiblesses. En effet, le taux d’interception annoncé par Israël est d’environ 80 %, ce qui, par un effet de saturation, ne permet pas d’éviter de lourdes pertes. De plus, alors que les roquettes du Hamas ne coûteraient que quelques centaines d’euros à l’achat ou à la fabrication, le lancement d’une batterie de missiles de défense dépasse les 40 000 euros. Auteur: Rémi D. Rédacteur en chef: William.ft