Comment la dynastie gérontocratique domine la scène politique japonaise à différentes échelles ?


Le 16 septembre 2020, le premier ministre Shinzô Abe renonce à ses fonctions pour des raisons de santé et lui succède à la tête du gouvernement Yoshihide Suga. Ce tournant politique marque la fin symbolique d’une période particulière, initiée par le sortant, mais aussi le reflet d’une mosaïque politique très familière et vétuste.


Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, on observe un phénomène politique « dynastique » qui perdure encore : le successeur de S. Abe est un de ses proches, anciennement secrétaire général de son cabinet et connu pour tenir un discours sur la même ligne, voire plus strict. Pour remonter encore en arrière, S. Abe est lui-même petit-fils d’un ministre durant les années 60, lui-même criminel de guerre de classe A durant la Seconde Guerre mondiale jamais jugé. Tout en nommant le frère du ministre sortant au ministère de la défense, le cadre reste toujours le même et le nouveau fonctionnaire ayant pour conseiller son prédécesseur s’oriente vers une poursuite de la période précédente.


Cette domination s’observe et s’additionne au phénomène gérontocratique dans cette sphère, notamment au sein du PLD (Parti libéral-démocrate, dominant la scène politique) dont l’âge majoritaire des députés dépasse les 60 ans, une des conséquences d’un vieillissement de la population depuis les années 70-80, mais aussi d’un désintérêt de plus en plus conséquent pour la politique chez la jeunesse.


Dans une région sous tension depuis des décennies, le Japon tend à se démarquer et à défendre ses intérêts tout en gardant un axe politique conservateur, reflet des idées courantes au sein de cette sphère politique, engendrant de manière assez récurrente des contentieux diplomatiques avec notamment la Chine et la Corée du Sud, dont le ressentiment issu du passé est loin de s’estomper. Et si le Japon changeait de ligne politique ?



Auteur: Kevin Paulcan

Rédacteur en chef: Hugo Buton