Comment la loi Molac ambitionne-t-elle de transformer durablement l’utilisation des langues?


Proposée par Paul Molac, député du Morbihan et membre du groupe “Libertés et Territoires”, la loi éponyme a été promulguée le 21 mai 2021. Elle préconise des mesures de protection et de promotion des langues régionales dans trois domaines : le patrimoine, l’enseignement et les services publics.


Huit langues régionales sont aujourd'hui enseignées dans les écoles publiques en France métropolitaine. Le texte voté par le Parlement oblige désormais les communes de résidence ne disposant pas d’écoles bilingues à contribuer aux frais de scolarité des écoles privées sous contrat proposant cet enseignement bilingue. La généralisation de l’apprentissage des langues régionales comme “matière facultative, de la maternelle au lycée”, a également été inscrite dans la loi.

Le texte prévoyait également le développement de l’enseignement immersif, effectué sur une partie du temps scolaire, dans une autre langue que le français mais le Conseil constitutionnel a censuré cette proposition, estimant qu’elle était contraire à l’article 2 de la Constitution disposant : « La langue de la République est le français ».


En réponse à cette décision, des milliers de personnes ont défilé pour défendre l'enseignement des langues régionales le 29 mai. De plus, les treize présidents de régions ont adressé un courrier commun à Emmanuel Macron le 2 juin pour défendre l'enseignement des langues régionales.

Dans les régions concernées, cette loi est devenue l’une des thématiques de campagne​ des prochaines élections régionales.


Conscient de l’importance de la situation, le Président de la République, qui a entamé un tour de France, a présenté le 3 juin dans le Lot les langues régionales comme « un patrimoine, comme nos paysages, nos monuments qu’il faut reconnaître et préserver », appelant à ne « pas avoir peur de ces langues (qui) n’enlèvent rien à la langue française »


Auteur : Mathias de Vernejoul

Rédacteur en chef : Guillaume P-B


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