Comment la situation au Brésil entre Jair Bolsonaro et l’armée s’est-elle dégradée ?


Le mardi 30 mars 2021, pour la première fois dans l’histoire du Brésil, les trois chefs des armées de l’air, de terre et de la marine ont posé succinctement leur démission. D’ampleur internationale, cet événement questionne sur la façon dont le président gère son gouvernement mais aussi sur la place de l’armée dans la politique du Brésil.


La décision commune des trois chefs militaires n’est pas sans raison. La veille, le ministre de la Défense, Fernando Azevedo e Silva, a annoncé son départ du gouvernement, lui-même provoqué par la démission du ministre des Affaires Etrangères, Ernesto Araújo. Ce dernier est notamment mis en cause dans le fiasco de la politique contre le coronavirus qui a fait plus de 400 000 morts au Brésil.


Cette crise au sein des forces armées survient avant la date anniversaire du coup d'État militaire de 1964, le 31 mars. Une nouvelle fois, le président est partiellement responsable de cette polémique en ayant opéré certains changements relatifs à l’armée et au gouvernement. Depuis le début de son mandat, la proportion de ministres issus de l'armée a largement augmenté, atteignant désormais un tiers, soit un pourcentage plus élevé que sous l’ancien régime militaire.


Néanmoins, l’armée brésilienne n’est pas innocente dans sa relation avec J.Bolsonaro. Si elle affiche explicitement son désaccord, c’est pour ne pas être assimilée à lui dans le futur. Son influence est aujourd’hui incontestable avec environ 6 000 militaires à la tête de ministères, d’agences fédérales ou encore d’entreprises publiques.


Le président brésilien et son armée ont donc officiellement entamé une période d’hostilités marquée par la démission de trois chefs militaires importants. Ces tensions se situant dans un contexte de pandémie exceptionnel, l’armée sera-t-elle capable d’aller plus loin dans ses démarches de contestation ?


Auteur: Isis D.

Rédacteur en chef: Paul G.