Comment la suprématie américaine dans le domaine spatial est-elle remise en question par la Chine ?


La conquête de l'espace est un enjeu à la fois économique et géopolitique. Si ce domaine fait figure de chasse gardée des États-Unis depuis la fin de la Guerre froide, cette suprématie est de nos jours remise en question, notamment par la montée en puissance de la Chine. Cette diversification des acteurs est source de multiples conflits. Les États-Unis optent pour une stratégie d’exclusion vis-à-vis de la Chine. En 2011, le Congrès a exclu ce pays de la station spatiale internationale (ISS) et lui a interdit toute forme de collaboration avec la NASA. Face à cela, la Chine a mis en place son propre projet de station spatiale. Cela pourrait lui permettre d’affirmer sa supériorité dans l’espace en raison du destin incertain de l’ISS suite à l’annonce en 2018 de l’arrêt du financement par les Etats-Unis, prévu pour 2025. Cette concurrence exacerbée se retrouve dans les projets lunaires des deux puissances. En décembre 2020, la Chine est devenue le troisième pays à rapporter des échantillons de Lune (après les États-Unis et l’ex-URSS) ; il s’agissait de la première mission de ce type depuis 1976. Ils se donnent comme objectif d’envoyer un Chinois sur la Lune et d’y installer une base permanente d’ici 10 ans. Les États-Unis souhaitent de leur côté envoyer une femme sur la Lune en 2024. En outre, l’augmentation du nombre de satellites envoyés par l’homme dans l’espace (2000 aujourd’hui, ils devraient être 7000 en 2025) a pour conséquence un risque accru de collisions et de potentiels conflits. Cet enjeu est au cœur des accords Artémis d’octobre 2020, qui visent à encadrer les explorations spatiales et à créer une “zone de sécurité”. Ils ont été signés par neuf pays, mais la Chine n’en fait pas partie. Ce pays n’est d’ailleurs pas la seule puissance spatiale montante, les Émirats Arabes Unis ont notamment placé une sonde en orbite autour de mars le 9 février 2021.


Auteur: Etienne Chassevent

Rédacteur en chef: Coline Perron