Comment le contexte géopolitique actuel fait de l'Iran et de la Russie des alliés de circonstance ?


La scène internationale est aujourd'hui contrôlée par de multiples acteurs aux intérêts divergents. Des pays s’allient dès lors pour peser davantage dans les décisions, à l’instar du groupe États-Unis, Royaume-Uni, France issu de l’OTAN. En réponse à cette alliance, d'autres acteurs régionaux se sont associés tel que le tandem russo-iranien. Cette coopération eurasienne s’est récemment illustrée lors du veto russe du 26 février 2018 au Conseil de sécurité de l’ONU concernant l’embargo sur les armes au Yémen. Moscou a refusé une résolution proposée par les États-Unis critiquant Téhéran. En effet, les Iraniens vendent des armes aux rebelles Houthis en guerre contre l’État central yéménite, ce qui aggrave la situation sécuritaire et humanitaire. Les Russes ont, à la place, fait voter une résolution technique qui épargne leur allié perse. L’association des deux géants est également effective en Syrie où ils soutiennent Bachar al-Assad. Les actions aériennes russes, dont certaines sont projetées de la base iranienne de Hamadan, complètent l’action milicienne menée par l’Iran. Cependant, la nature de leurs intérêts diverge. Ils sont, pour la Russie, économiques avec des partenariats ou des gisements d’hydrocarbures, et géopolitiques avec un refoulement de la présence américaine au Moyen-Orient, tandis que l’Iran, partageant ces objectifs ce qui explique leur coopération, y ajoute une dimension idéologique avec une volonté d’exportation de son influence via les milices pro-iraniennes. Pour conclure, la relation russo-iranienne est à nouveau d’actualité. Cependant, il faut nuancer en précisant que la Russie et l’Iran ne forment pas une alliance tangible mais constituent deux puissances aux intérêts convergents sur certains dossiers stratégiques comme le Yémen ou la Syrie. Auteur: Jérémy Rouault Rédacteur en chef: Saïmi Steiner