Comment les confinements successifs ont-ils pu aggraver les phénomènes de violence en France?


Des attaques de forcenés ont récemment fait les gros titres par la menace qu’ils représentaient : Valentin Marcone, un homme ayant tué son patron et son collègue, et Terry Dupin, un ancien soldat mis en examen pour tentative d'assassinat, sont tous deux des exemples de la flambée de ce type de violences. Si l’été dernier, au sortir du premier confinement, le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin parlait d’un « ensauvagement de la société » pour qualifier l’essor de la violence dans la société française, qu’en est-il après les confinements successifs ? Depuis la fin du premier confinement en mai dernier, le nombre de forcenés, c’est-à-dire de personnes faisant usage sans mesure de violence, a doublé. “Du 1er janvier au 30 mai 2020, on avait eu l'intervention du GIGN sur 13 forcenés, là on est déjà à 27”, selon le général Ghislain Rety, commandant du GIGN. Les confinements successifs, impactant des personnes fragiles qui connaissaient alors déjà des situations d’isolement, de précarité et d’addiction à l’alcool ou aux stupéfiants, ont pu les mener vers la radicalité et la violence, indique le général Rety. Par ailleurs, les signalements pour violences conjugales ont aussi connu une hausse de 42% depuis le début de la crise sanitaire, comme l’indique Marlène Schiappa, ministre déléguée chargée de la Citoyenneté. Sophie Baron-Laforêt affirme que les confinements ont exacerbé les tensions qui pouvaient déjà exister au sein des couples : “face à une situation conjugale à laquelle on ne peut plus faire face, on peut opter pour une solution extrême”. Si ces phénomènes de violence ne sont pas nouveaux, ils ont été aggravés par la crise sanitaire et l’isolement provoqué par les confinements successifs, bouleversant ainsi le quotidien de ces personnes parfois fragiles connaissant des situations intrafamiliales déjà tendues. Auteur: Emilie P

Rédacteur en chef: Marie B


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