Comment les journalistes s’adaptent face à l’accroissement de la répression au Bélarus ?


Deux journalistes biélorusses Daria Tchoultsova et Katerine Bakhvalova ont été condamnées à deux ans de prison ferme pour leur participation au mouvement de contestation de la réélection du président Alexandre Loukachenko, le 9 août 2020. Correspondantes pour la chaîne de télévision d’opposition Belsat basée en Pologne, elles ont été arrêtées le 15 novembre dernier pour avoir diffusé une action de l’opposition en mémoire d’un manifestant assassiné. Surnommé comme « le dernier dictateur d’Europe », le dirigeant continue à s’accrocher au pouvoir après 26 ans de règne avec le soutien de son voisin russe. Fin août, afin d’endiguer la propagation d'informations concernant les manifestations populaires, les autorités ont retiré toutes les accréditations des correspondants étrangers. Il ne reste que des journalistes indépendants sans autorisation. Leur mission : couvrir les événements tout en étant le moins exposé possible. Mais les chiffres ne trompent pas. L’Association biélorusse des journalistes recense 11 journalistes en prison. Certains décident de prendre le risque de couvrir les manifestants « en se cachant » comme Paul Dza, photo-reporter indépendant. Tandis que d’autres, quittent le Bélarus pour couvrir la situation politique depuis l’étranger comme Andreï Vaitovich, journaliste franco-biélorusse. Le président à l’autoritarisme revendiqué tente d’étouffer la situation lors d’une “Assemblée populaire” montrant l’impression qu’il maîtrise la situation dans le pays. Bien qu’un sommet informel du Conseil de sécurité des Nations unies consacré à la liberté de la presse au Bélarus s’est tenu vendredi 22 janvier, la répression continue de s’aggraver.

Sviatlana Tsikhanouskaya, figure de proue de l’opposition, rappelle qu’en 2020, « les journalistes indépendants ont été arrêtés à 470 reprises ».


Auteur: Charlotte Thiede

Rédacteur en chef: François Ladouce