Comment les marques et multinationales profitent-elles du travail forcé de la minorité Ouïghoure ?


"Est-ce qu'on veut d'un monde où les multinationales utilisent les travailleurs forcés Ouïghours via les fournisseurs chinois ? ». Ces mots de l’eurodéputé français Raphaël Glucksmann font suite aux révélations du rapport “Ouïghours à vendre”, écrit par une organisation australienne. Il témoigne du recours au travail forcé des Ouïghours de 83 marques internationales. Cette communauté principalement turcophone et musulmane du nord-ouest de la Chine, de la province du Xinjiang, subit une politique de répression mise en place par Pékin depuis 2016. Des enseignes mondialement connues seraient concernées.


Le rapport dévoile que plus de 80 000 Ouïghours ont été transférés hors du Xinjiang pour travailler dans des usines à travers la Chine entre 2017 et 2019 fournissant des multinationales comme Apple ou Nike. C’est une conséquence de la mondialisation et de la volonté de produire à bas coût permettant de dissoudre la responsabilité de chacun des sous-traitants.


Révolté, le député européen a décidé d’agir en cherchant du soutien au Parlement européen puis a interpellé les marques à l’aide de sa communauté sur les réseaux sociaux.


Cette mobilisation soutient l’objectif d’une législation permettant de juger la responsabilité pénale des entreprises et l’ensemble de leur chaîne de production. Des campagnes de sensibilisation de la société civile ont été lancées où des militant.e.s procèdent à des collages d’étiquettes sur des vêtements de marques incriminées pour alerter le public.


Depuis l’effondrement du Rana Plaza au Bangladesh, les entreprises du textile ont pris conscience des conditions de travail de leurs ouvriers. Mais alors que la situation est urgente, les réponses des multinationales restent minimes. Seules quelques marques comme Lacoste, Adidas et H&M ont annoncé leur volonté de cesser toute relation avec ces usines et productions.


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Auteur: Charlotte Thïede

Rédacteur en chef: Hugo Buton

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