Comment les mesures prises par le gouvernement chinois menacent-elles la démocratie hongkongaise ?


Le 11 novembre, la Chine a franchi un nouveau pas dans sa conquête du territoire hongkongais par le démembrement du Parlement de Hong Kong. En effet, suite à la demande de la chef de l’exécutif de Hong Kong, Carrie Lam, le Parlement chinois a autorisé le gouvernement local à limoger les députés « mettant en danger la sécurité nationale, prônant l’indépendance de la région administrative spéciale, ou favorisant une ingérence étrangère ».


Les enjeux démocratiques sont tels que l’on parle d’une législation liberticide qui impacte profondément le principe «Un pays, deux systèmes», au cœur de l'accord de rétrocession de Hong Kong à la Chine par le Royaume-Uni, et qui était supposé garantir jusqu'en 2047 des libertés hongkongaises.

La volonté du gouvernement chinois de faire pression sur le gouvernement local découle, en partie, de l’opinion publique, favorable à la démocratie. En effet, pour rappel, le peuple de Hong Kong était massivement descendu dans la rue en 2019 pour dénoncer des lois d’extradition vers la Chine. Cet élan s'était confirmé dans les urnes aux élections locales de novembre 2019, puisque dans 17 des 18 conseils de district, l’opposition avait obtenu la majorité. Dès lors, face à cette menace, le gouvernement chinois a décidé de reporter le scrutin des élections législatives d’un an au motif de la Covid-19, celle-ci étant pourtant nettement contrôlée sur le territoire. Ainsi, cette sanction a permis aux autorités d’avoir davantage de temps pour filtrer les candidatures et offre au gouvernement de nouveaux pouvoirs de censure. Il semblerait que nous devions faire face à une nouvelle tentative du gouvernement chinois de faire taire les dissidents hongkongais par tous les moyens. Par conséquent, la démocratie pourrait s’éteindre peu à peu et laisser place à un climat de méfiance où la dictature trouverait sa place.


Quelle est votre opinion ? Auteur: Camille S Rédacteur en chef: Marie-Alice Girardet