Comment Nord Stream 2 est-il devenu un facteur de discorde entre la Russie, l'Europe, et les USA?


Nord Stream 2 est le chantier gazier le plus controversé d'Europe. Ce second projet de gazoduc reliant la Russie à l’Europe devait initialement être terminé fin 2019. Mais il souffre aujourd’hui des menaces financières et pénales que les autorités américaines font peser sur les acteurs du projet, à tel point que DNV GL, entreprise norvégienne de classification et certification, a annoncé se retirer du projet tant que les sanctions restent en vigueur.


Depuis son origine, le projet Nord Stream 2 est soumis à de vives critiques en Europe. La Pologne accuse notamment la Russie de chercher à accentuer sa mainmise gazière sur le continent, un atout de taille dans les négociations avec l’Union Européenne. Le projet est aussi perçu comme une mesure de rétorsion politique vis-à-vis de l’Ukraine, puisque le gaz importé de Russie y transite habituellement, ce qui n’est pas le cas de Nord Stream 2. Ainsi, les Etats-Unis s’y opposent officiellement pour éviter une dépendance européenne au gaz russe et contrer l’influence du pays sur le continent.


Mais ces menaces semblent aussi tenir à l’avènement du gaz de schiste américain sur le marché gazier européen, ce qui ravive une adversité russo-américaine en la matière. Ainsi, le 20 décembre 2019, Washington adopta de nouvelles sanctions dans le cadre de la loi pour la protection de la sécurité énergétique de l’Europe (Protecting Europe's Energy Security Act, PEESA).


Mais l’ingérence américaine dans les affaires européennes semble déranger. En France notamment, le jeudi 16 juillet 2020, la commission des affaires européennes du Sénat a adopté une “proposition de résolution européenne tendant à préserver la souveraineté de l’Union européenne dans le domaine énergétique notamment”. Elle y exhorte les Etats-Unis, entre autres, à supprimer le PEESA de 2019.


Auteur: Anastasia Gilbert

Rédacteur en chef: Agathe Mangot