Comment s’organise le “retour” de la Russie sur le continent africain ?


En octobre 2019, le premier sommet Russie-Afrique tenu dans la ville de Sotchi était perçu par l’Occident comme le grand retour de Moscou sur le continent africain. En effet, à la fin de la Guerre froide, l’Union soviétique s’était progressivement retirée des échanges diplomatiques jusqu’en 1992, une année marquée par la fermeture de 9 ambassades.


En réalité, ce regain d’intérêt russe a débuté dès les années 2000, lorsque s’ouvre une diplomatie militaire et économique avec les anciens pays proches de l’URSS : l’Algérie d’abord, puis la Libye, l’Angola et la Guinée. En 2014, les sanctions économiques de l’UE faisant suite à la crise ukrainienne poussent la Russie à chercher de nouveaux partenaires. Ce retour s’apparente-t-il pour autant à une stratégie d’affaiblissement des positions occidentales en Afrique ou à un simple jeu d’influence ?


Les ventes d’armes et la coopération militaire sont les premières formes du réengagement russe. En 2006, un contrat d’armement est signé avec l’Algérie puis en 2008 avec la Libye. La société Wagner, groupe militaire privé collaborant avec le gouvernement russe, est présente en Centrafrique où elle assure des missions de formation militaire et en Libye en soutien au Maréchal Haftar, également soutenu par la France.


L’autre volet du réengagement est la coopération économique, principalement par l’intermédiaire des compagnies d’État : Gazprom en Algérie (gaz), Rosneft en Égypte (pétrole) ou encore Rosatom au Soudan et au Nigéria (nucléaire). En 2018, les échanges commerciaux ont franchi le seuil des 20 milliards de dollars mais restent cependant bien inférieurs à ceux de l’UE qui s’élèvent à 275 milliards de dollars pour l’année 2017.


Plus économique que militaire, le retour russe reste néanmoins à relativiser et s’inscrit avant tout dans un jeu d’influence de la part d’une puissance soucieuse de rattraper son retard sur un continent aux nombreux débouchés.


Auteur: Martin H

Rédacteur en chef: Joseph D.