Comment Saad Hariri a réussi à se hisser à nouveau au poste de premier ministre de l'Etat libanais ?

Updated: Nov 23, 2020


Jeudi 22 octobre, Saad Hariri a été nommé Premier ministre par le président libanais Michel Aoun suite à la démission de Mustapha Adib. Ce dernier avait abandonné l’idée de former un gouvernement de coalition, car il était pour lui impossible d’établir un consensus entre les différents partis politiques et confessionnels. En effet, les partis chrétiens maronites, sunnites et chiites ont de grandes divergences dans la vision de l’avenir du Liban. Le plus surprenant est que Saad Hariri est à la fois le prédécesseur et le successeur de Mustapha Adib. En effet, il avait démissionné suite aux manifestations contre la crise économique du mouvement du 17 octobre 2019. Son retour au pouvoir 1 an plus tard témoigne donc d’un renouvellement circulaire de la classe politique libanaise et d’une absence de réel changement. Une des causes de la nomination de celui qui avait été chassé par le peuple est que ce même soulèvement populaire est chaque jour de plus en plus faible. L'essoufflement du mouvement est dû à une mauvaise organisation, à l'absence de leaders réels, à la peur de prolifération du virus Covid-19 dans les rassemblements mais aussi à un climat de tensions entre les groupes confessionnels du pays. Cependant l’élection de Saad Hariri est une solution logique au problème de gouvernement. Ce dernier est bien connu des dirigeants étrangers et traditionnellement soutenu par Paris et Washington. De plus, sunnite, il est accepté par les forces politiques chiites, comme Amal et le groupe du Hezbollah, dont le poids est important dans le paysage politique libanais. La constitution d’un gouvernement réformateur au Liban est importante car c’est l’une des conditions sine qua non à l’obtention de l’aide internationale tant demandée par le peuple.

Auteur: Jérémy Rouault

Rédacteur en chef: Louise Chappe


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