Comprendre : l'« Élan vital » d'Henri Bergson


Henri Bergson (1859-1941) est un philosophe français dont l'influence sur ses contemporains et sa postérité est aussi importante que méconnue du public. En 1907 paraît l’ ”Évolution créatrice” où il développe l'idée d'une “ création permanente de nouveauté ” par la nature. C’est sa réponse aux débats traditionnels sur l'évolution, opposant généralement les “finalistes” et les "mécanismes"/"causalistes". Les premiers, comme Aristote ou Leibniz admettent une planification pré-écrite de l’évolution. Les seconds, plus intimes à la philosophie de Descartes, revendiquent l'aspect “anticipable” de l'évolution, par le prisme de la Raison et de la “causalité” scientifique, écartant alors toute approche spirituelle.


Mais Bergson remarque que ces deux visions s'accordent sur un point lui semblant être la clé du problème : l'évolution serait inscrite d'avance, soit “en esprit ” par la nature, soit “en données” via des paramètres prédictibles mathématiquement.


Bergson propose plutôt le concept d' “ élan vital ” : il n'y a ni plan prévu, ni plan prévisible de l'évolution. « Le monde va à l'aventure » et « il s'invente sans cesse » refusant ainsi que le vivant soit réduit uniquement aux lois physico-chimiques ou aux lois providentielles. De ce concept d' “élan vital” naîtra le “ Vitalisme ”. Le vitalisme défend que la « force vitale » est la cause unique qui insuffle la vie à la matière, et que son mystère est en tout point opaque. Vouloir prédire l'évolution serait alors une impasse métaphysique car la vie, par essence, est imprévisible.


Auteur: Nini

Rédacteur en chef: Gwladys N.