Comprendre : L’absurde et la révolte chez Camus


Les thèmes de l’absurdité et de la révolte constituent le point de départ de la pensée philosophique de l’écrivain français Albert Camus (1913-1960). L’œuvre littéraire d’Albert Camus se scinde communément en deux cycles: celui de l’absurde (“Le Mythe de Sisyphe” (1942), “L’Etranger” (1942), “Le Malentendu” (1944), “Caligula” (1944),) et celui de la révolte (“Les Justes” (1949), “La Peste” (1947), “L’homme révolté” (1951). Comment comprendre la place centrale de ces deux notions dans l’œuvre de Camus ?


Pour Albert Camus, l'absurde surgit de la prise de conscience du non sens de l’existence. L’homme recherche en permanence à donner sens à ses actions mais se confronte inévitablement à leur caractère machinal et répétitif. En somme, ce n’est pas le monde qui est absurde mais bien la confrontation, entre son caractère irrationnel et le désir vain qu’a l’homme de vouloir le comprendre, qui l’est. Comme l’indique Camus dans “La Peste” (1947), “l’absurde naît de cette confrontation entre l’appel humain et le silence déraisonnable du monde”.


Cette antinomie est cruciale dans la compréhension de la pensée de Camus dans la mesure où elle fonde la philosophie d’action de l’écrivain. En effet, pour Camus, l’absurde n’est en rien un concept négatif. La prise de conscience de l’absurde doit mener à l’action et à la révolte (“L'homme révolté”, 1951). Pour Camus, il n’est pas question de renoncer face à l’absurdité de la vie, et la révolte en est la meilleure des réponses. Dans un premier temps, la révolte permet à l’homme de prendre conscience du non-sens de la vie et de l'accepter. Celle-ci doit prendre la forme d’une action collective. Ensuite, il s’agit pour l’écrivain de dépasser l’absurde avec des moyens essentiellement humains. Cela implique de ne pas chercher le secours d’une quelconque transcendance (religion, idéologie). Ainsi écrit-il “Je me révolte donc nous sommes” dans “L’homme révolté”.


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