Comprendre : L'utilitarisme ou le plus grand bonheur pour le plus grand nombre


« La nature a placé l’humanité sous l’empire de deux maîtres, la peine et le plaisir. C’est à eux seuls qu’il appartient de nous indiquer ce que nous devons faire comme de déterminer ce que nous ferons » (Bentham). L’utilitarisme est une doctrine rattachée au conséquentialisme, qui prône un comportement visant à accroître le bonheur et l’utilité tout en minimisant les peines et les souffrances. L’assertion “le plus grand bonheur pour le plus grand nombre” résume cette vision.


Les deux grandes figures philosophiques qui développèrent le cœur de cette pensée sont Bentham et Mill. Bentham insiste sur l’attrait de l’humain à rechercher le plaisir et à éviter les souffrances. Celui-ci nous gouverne dans chaque action, chaque parole et chaque pensée. Pour le conséquentialisme, la morale vient lorsque nous jugeons une action bonne en ses conséquences moindres ou nulles sur l’autre. Ainsi, dès lors qu’une action maximise l’utilité pour soi sous contrainte des peines des autres, alors celle-ci est la meilleure moralement.


Mill, bien qu’ayant majoritairement emprunté à son prédécesseur, se distingue par l'accommodation nécessaire des intuitions morales. L'hédonisme formulé par Mill place l’utilité intellectuelle au-delà des “vils plaisirs” que pourrait suggérer Bentham. La différence entre l’utilitarisme des deux auteurs se situe alors dans l’approche de l’utilité, Bentham préférant la quantité et Mill la qualité.


À cette posture s'opposent deux grandes critiques. D’une part, il est impossible de s’accorder sur une utilité qui soit arbitrairement commune dans toute la société. D’autre part, ceux qui prônent des absolus moraux condamnent les éventuelles légitimations d’actes par essence répréhensibles au nom de la volonté du plus grand nombre.


Rédacteur: Joan R

Rédacteur en chef : Alexis S


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