Comprendre : la pensée straight de Monique Wittig


Monique Wittig (1935-2003) est une écrivaine, militante, théoricienne féministe et lesbienne. Co-fondatrice du Mouvement de Libération des Femmes et du féminisme révolutionnaire, elle s’en écarte à la fin des années 70 par le refus total de l’hétérosexualité défendu comme stratégie militante.


Dans son livre “La pensée straight” (paru en anglais en 1992, traduit en français près de 10 ans plus tard), Wittig soumet l’idée que l’hétérosexualité - la pensée straight - est un régime politique particulier qui refuse l’intégration de nombreuses orientations sexuelles. Bien plus, ce système est une “oppression”, une “appropriation”. La catégorie des “femmes”, aussi bien que celle des “hommes”, est une catégorie sociale basée sur un mythe. Le mythe de “la-femme” fonde la catégorie sociale des “femmes”, et les deux sont à détruire.


Monique Wittig est donc une fervente militante du lesbianisme. Être lesbienne implique le refus de la grossesse, de l’accouchement, et toutes les autres obligations de la société hétérosexuelle qui demande de participer à la reproduction. Et, plus généralement, le lesbianisme n’est plus une “orientation sexuelle” neutre, il devient une stratégie de résistance politique et féministe.


Ainsi, il faut redéfinir le monde social dans son ensemble, et cela passe par la création de nouvelles catégories de pensée ainsi que le renversement des valeurs hétéronormatives qui nous sont imposées. Ce travail de déconstruction symbolique doit également se faire au niveau du langage.


En effet, pour Wittig, le langage est le lieu au sein duquel il est possible de voir naître une compétition pour le pouvoir. Ainsi, la philosophe explique que le langage influence la réalité sociale. Ce postulat fondamental l’a amenée à étudier les normes construites et inscrites dans le langage.


Nicolas R.

Alexis S.

@colin.saleros


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