“Comprendre : La tyrannie de l’opinion majoritaire selon Mill”


Mill est un philosophe, logicien et économiste britannique marqué par des influences hétéroclites comme le romantisme, le socialisme ou encore le féminisme. Fils du philosophe et économiste James Mill, il demeurera toute sa vie un libéral utilitariste. En 1859, John-Stuart Mill publie De la liberté, dans lequel il va notamment développer le thème de la tyrannie de l’opinion majoritaire. Mill s’inscrit dans la perspective tocquevilienne de la tyrannie de la majorité. Mill -comme Tocqueville- fait le constat d’une uniformisation de la société comme facteur d’un danger pour la vie des sociétaires et pour la société elle-même. L’ère des foules, des masses, de l'industrialisation tendrait vers une homogénéité porteuse d’un despotisme insidieux.


Mill s’intéresse au règne d’une opinion majoritaire qui serait une menace sociale et intellectuelle. L’opinion publique véhiculerait l’opinion des dominants et imposerait une nouvelle forme de despotisme. La tyrannie de l’opinion dominante risquerait d’écraser les voix ou les modes de vie minoritaires. Le conformisme social empêcherait une variété de situations -propre à la diversité des caractères des sociétaires- de naitre. L’individu perdrait sa spécificité, son irréductibilité et noierait sa singularité dans une masse uniforme.


L’emprise de l’opinion est diffuse, elle pénètre jusqu’à la société civile et l’intériorité de l’individu. L’influence de la coutume et de l’habitude deviennent les armes du conformisme en neutralisant la critique éventuelle des individus. L’individu est illusionné : il a l’impression de choisir, or, il n’est qu’influencé, presque conditionné par le collectif. Ainsi, les agents finissent par eux-mêmes se conformer à des normes qui ne sont par leurs propres valeurs.


Auteur: MathDnl

Rédacteur en chef: Alexis S.


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