Comprendre : Le multiculturalisme en France


Le multiculturalisme terme ambigu désignant un pluralisme culturel dans lequel les différentes ethnies collaborent et dialoguent sans avoir à sacrifier leurs identités particulières. Il est question ici du sacrifice pour former une communauté fonctionnelle sous l’égide de la République. Le multiculturalisme est-il effectivement possible en France au sens de sa praxis ?


Les questions d’assimilation, d’intégration sont des leitmotivs récurrents dans le débat public. Ces questions virulentes amènent parfois aux dérives qu’on sait. Dérive symbolisé par « Le grand Remplacement » de Renaud Camus.

Constat d’un déclin de l’occident dont les dernières lueurs d’espoirs seraient éteintes par le spectre d’un islam rampant sur l’Europe. Or, comme disait Valéry, les civilisations sont mortelles. Si les civilisations sont mortelles les communautés sont toujours à refaire. Or qu’est-ce qu’une communauté toujours à refaire ?

Le concept politique de la multitude est ici de mise .En effet, la multitude apparaît comme un concept subversif bâti contre les théories de l'État et de la démocratie. Assumant par ce caractère la multiplicité des subjectivités que revêt une société et plus encore lui donnant sens et matérialité.


Multitude n’est pas peuple au sens d’une pluralité sur laquelle s’exerce le pouvoir, mais un concept ouvert à la révolte comme notion inhérente à sa formation. En ce sens, dans le contexte français parler de peuple français et de multiculturalisme ne peut apaiser les tensions. En effet, la république comme système politique choisit et donc tranche, la discrimination s’ensuit.

Or si l’on suppose que la notion de peuple est obsolète et que c’est le concept de multitude qui prévaut. La discrimination n’aurait plus de sens car émise par une instance auquel la multitude ne croit pas.


La multitude accepte donc la différence et la discrimination qui peut s’ensuivre lui est indifférente postulant ainsi en ces termes : « Si nous ne sommes pas devenus égaux, nous pouvons communiquer et agir ensemble sur la base de nos différences». La multitude est donc cette puissance ontologique incarnant un dispositif qui cherche à représenter le désir de transformer le monde.


Ce désir de transformation se cristallise quand des auteurs français d’origines diverses s’emparent de la question. En effet, avec un Aimé Césaire et sa phrase fondatrice d’un renouveau politique: «Ma bouche sera la bouche des malheurs qui n'ont point de bouches. Ma voix la liberté de celles qui s'affaissent au cachot du désespoir. »

Voilà le terrain d’un multiculturalisme possible en France, de cultures qui se touchent sans se mélanger de peur que, par distraction rêveuse, l’une d’elle prenne le dessus sur l’autre.


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