Comprendre: Le pari pascalien en l’existence de Dieu


Lorsque nous parions, nous estimons que notre choix est avantageux. Pour le déterminer, il importe alors de mesurer le rapport de la probabilité de gain et de la possibilité de la somme touchable. Pascal entreprend, par le biais du pari, d’exposer tout l’intérêt qu’a la croyance en l’existence de Dieu. Pourquoi faudrait-il s’engager à croire ?


Croire que Dieu existe, présuppose que nous donnons notre assentiment à cette proposition sans le savoir scientifiquement. Pour autant, cela n’implique pas que ce choix est irrationnel. Dans les Pensées de Pascal, ce dernier affirme que Dieu ne peut pas être l’objet d’un savoir humain. Il développe l’idée que la croyance en Dieu est l’un des choix possibles que nous effectuons lors d’un pari, l’autre étant de ne pas croire. De même, lorsque nous lançons une pièce, nous ignorons si elle tombera sur pile ou sur face. L’issue nous est inconnue.


Pascal explique qu’à la différence des autres paris, nous ne pouvons qu’y prendre part. Ne pas choisir si nous croyons ou non à cette proposition et rester dans le doute a une portée négative ; tandis que la croyance, en tant qu’elle choisie affirmativement, est positive. Quoique l’issue du pari ne puisse pas être certaine et que ce que nous choisissons reste infondé en raison, il reste rationnel de se décider en faveur d’une issue plutôt qu’une autre.

Cette thèse, pour être soutenable, repose sur le postulat qu’il est une échelle de probabilité pour l’existence de Dieu, sans laquelle l’issue du pari serait infailliblement déterminée et celui-ci n’aurait plus de raison d’être.


S’il est une probabilité pour que Dieu existe, le pari redevient équilibré. Pascal établit qu’il est alors infiniment plus avantageux d’être croyant que l’inverse. En effet, la mise que représente notre vie limitée, est négligeable au regard de la possibilité de gain qu’est le salut et la vie éternelle auquel cela est supposé nous faire accéder.


Auteur: Gruv

Rédacteur en chef: Valentin Coutel.