Comprendre : Le pouvoir des habitudes


L’habitude est une disposition acquise, permanente et stable, qui devient une sorte de seconde nature.

Dans « Le pouvoir des habitudes » Charles Duhigg explique quelle est l’influence des habitudes chez les individus et à quel point il peut être bénéfique de les maîtriser.


Une habitude peut altérer la vision de la conscience, car elle apparaît comme une réponse toute faite. Paul Ricoeur écrivait en ce sens que « l'habitué porte en lui le germe de la menace d’une chute dans l’automatisme », faisant craindre au sujet une fixation et une inertie non propices à la réflexion. C’est précisément la raison pour laquelle il est difficile de modifier une mauvaise habitude : le sujet perd sa capacité de jugement au profit d’un automatisme. Condillac distinguait ainsi le moi habitude et le moi réflexion, en montrant la faiblesse du premier. Une habitude peut par conséquent devenir un facteur de

conformisme.


Toutefois, utilisé comme moyen et non comme une fin, une habitude peut être un facteur de progrès, un outil pour réaliser un objectif. Il faut pour cela que la volonté se substitue à l’automatisme. Maine de Biran reprenait cette idée en distinguant l’habitude passive de l’habitude active. Une habitude, dirigée par un sujet conscient et réfléchi, peut entraîner la spontanéité, une économie d’attention et de réflexion. Elle permet également d’instaurer l’ordre et la régularité, facteurs d’équilibre et de progrès. Aristote avait bien saisi l’idée qu’il a résumé en ces mots : « nous sommes ce que nous faisons à plusieurs reprises, l’excellence n’est donc pas un acte mais une habitude ».


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