Comprendre: le rejet du nihilisme européen selon Nietzsche


Pour Nietzsche, la morale n’a jamais été envisagée comme un problème mais acceptée comme une donnée fondant nos valeurs. Son originalité est de mettre en question “la valeur des valeurs”, ce qui revient à en chercher son origine. Par une approche généalogique, il convient de dévoiler l'origine physiologique, historique de ces valeurs. Il est frappant de voir toutes ces valeurs venant condamner la vie, symptôme d’une “volonté de puissance” affaiblie car la vie n’est ici que souffrance. Ainsi, ces qualités morales ne sont que des ressentiments de tout ce que manifeste la vie et leur généralisation entraîne un affaiblissement général. Ces valeurs morales se rattachent aisément à la religion, entraînées par le déclin de la foi. En ce sens, Nietzsche déclare dans le Gai Savoir: “Dieu est mort”. Ce n’est pas une clameur d’athéisme, non, mais un constat de l’écroulement de tout ce qui donnait un sens et une valeur à l’existence humaine aboutissant au nihilisme. Les hommes ne peuvent plus croire en des valeurs absolues et se complaisent à critiquer leurs valeurs passées. Cela cause un “rapeutissement” de l’existence qui apparaît sans but, sans fin ni valeur. Pour lui, c’est le signe que la plupart des gens ne comprennent pas réellement l’importance de la mort de Dieu. Les hommes se complaisent dans la fausse réalisation de leur valeur condamnée, dans une hypocrisie morale où tout repose sur le socle de la morale judéo-chrétienne sacrifiée sur l’autel d’une société qui a érigé la consommation comme mode de vie et l’argent comme nouveau Dieu.

Cette Mort aurait dû être vue comme une “aurore nouvelle” ou un “horizon de nouveau libre” pour l'apparition de nouvelles valeurs ou idéaux. Ainsi, il faut aller jusqu’au bout du nihilisme (dit actif), en allant jusqu’à détruire entièrement nos anciennes valeurs pour permettre leur dépassement, et non s’ancrer dans un nihilisme passif.


Auteur: Vincent L Rédacteur en chef: Anouck L