Comprendre : Les obstacles à la vérité dans les méditations cartésiennes


Nous croyons beaucoup, et n'atteignons que très peu de certitudes. Dans ses Méditations Métaphysiques, Descartes nous apprend que l'homme n'est pourtant pas dénué de la capacité de se déprendre de ses croyances et qu'il est même nécessaire de le faire, pour qui veut établir l'empire de la science sur des connaissances certaines et indubitables. En rejetant de sa créance tout ce dont on peut douter, Descartes entend surmonter les obstacles à la découverte de ce qui, dans l'esprit, est le plus certain et en ce sens de ce qui, sans le moindre doute, est vrai. De prime abord, nous accordons aux sens bien du crédit. Il est cependant connu qu’ils peuvent nous tromper. Que reste-t-il dont nous ne puissions pas douter ? Descartes dévoile le caractère certain et indubitable de l'existence de nos idées. Une idée, entendue « formellement », c'est-à-dire en tant que représentation, ne peut être fausse. Une idée peut pourtant très bien n'être en aucun cas conforme à la chose qu'elle représente. Le froid peut n’être pas la privation de chaleur. Juger d'une telle correspondance offre l'occasion de se tromper. La cause d'une idée imprime toujours son caractère en cette dernière, mais rien ne nous assure d'autre chose que l'existence de l'idée et de sa cause. Un homme peut très bien, s'il le veut, tenter de deviner ce qu'il ignore et formuler des hypothèses quant à la nature des objets représentés. Néanmoins, tant qu’il n’est pas certain de la valeur de ces propositions, elles restent de l’ordre de l’opinion.


Il reste possible de ne porter de jugements que sur ce qui nous est très assuré par la raison. Notre volonté a ce pouvoir. Si nous en usons bien, nous évitons tout risque d'erreur. Il suffit de donner notre assentiment quant à la valeur de vérité d’une proposition lorsque nous la connaissons, et de nous retenir de le donner lorsque nous l’ignorons.


Auteur: Gruv

Rédacteur en chef: Emilie Pasquier

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