Comprendre: Nietzsche et les trois métamorphoses de l’esprit



Nietzsche cherche, par sa philosophie, à rompre avec les présupposés métaphysiques du christianisme et du platonisme. Une partie importante de sa pensée repose ainsi sur l’idée des trois métamorphoses de l’esprit, développée dans « Ainsi parlait Zarathoustra ».


Tout d’abord, « l’esprit devient chameau ». L’Homme porte en lui des valeurs morales qui lui viennent de l’extérieur, notamment de la tradition judéo-chrétienne. Il se réjouit d’être capable d’en supporter la charge alors même que, pour Nietzsche, elles tendent à dévaloriser la vie. En effet, Nietzsche considère que l’Homme-chameau se complaît dans une certaine humilité analysée comme illusion consolatrice et servile, assimilable au précepte " aime qui nous méprise".


« Mais dans le désert le plus solitaire survient la seconde métamorphose: ici l’esprit devient lion ». Il quitte alors les considérations relevant « d’espoirs supraterrestres » pour « capturer la liberté » en se concentrant sur la « terre ». Il oppose au devoir sa libre volonté, au « Tu dois » un « Je veux ». Par l’image du marteau, et donc en tant que destructeur, force brutale, il provoque l’effroi des chameaux toujours attachés aux illusions alors détruites. Cependant, cette destruction n’a pas de valeur en soi, mais ne vaut que dans la possibilité de sculpture de nouvelles valeurs qu’elle offre.


Fort de son innocence, c’est-à-dire sans la culpabilité du chameau, l’enfant incarne un « nouveau départ ». Libre des préjugés, il donne libre cours à sa spontanéité créatrice. Ainsi, la mort du « Tu dois » n’implique pas l’absence de toute exigence, mais seulement de nouvelles qui embrassent la vie, soit une morale « par delà le bien et le mal ». Suite à la mort de Dieu due au chameau, l’Homme-enfant ne se conforme pas à une volonté divine, mais « c’est sa volonté que l’esprit veut maintenant »: il ne connaît alors d’autre impératif que le « respect de soi ».



328 views