Confinement: les acteurs du jouet entre inquiétude et espoir à l'approche de Noël


Les spécialistes du jouet sont inquiets à l'approche de la période cruciale des fêtes de fin d'année mais espèrent que le gouvernement fasse bientôt évoluer les règles et sauver leur saison. Considérés comme "non-essentiels" lors du reconfinement imposé, les magasins spécialisés peuvent uniquement vendre en ligne.


Cette mesure tombe au plus mal pour la filière du jouet qui réalise entre novembre et décembre 48% de ses ventes annuelles. Elle serait privée de 770 millions d'euros de ventes si les rayons et magasins concernés restaient inaccessibles jusqu'à la fin de l'année. Les fédérations du secteur négocient avec le gouvernement. Reçues à Bercy, elles ont effectué une série de propositions afin de rouvrir dans des conditions adaptées à la situation sanitaire.


La vente en ligne est loin de compenser. Le chiffre d'affaires de l'enseigne JouéClub, qui propose livraison et click-and-collect, est en retrait de 90% par rapport à la même période l'an dernier. Son de cloche similaire chez certains petits acteurs. Marie, gérante de L'arbre enchanté, dans le 10e arrondissement de Paris, témoigne que “c’est difficile”. Les commandes qu'elle reçoit sur les réseaux sociaux, par mail et téléphone représentent un tiers de son activité habituelle. Il s'agit d'une clientèle de quartiers, venant par engagement.


L'an dernier, les Français ont effectué un tiers de leurs achats de Noël sur internet, selon NPD. S'ils n'ont plus le choix, embrasseront-ils massivement cette option ? Et cela ne permettrait pas pour autant de compenser totalement le manque à gagner de la filière du jouet. La vente en ligne demande "plus de temps et de personnel" aux commerces, "les transporteurs vont être surchargés", "la chaîne logistique risque d'avoir du mal à suivre" explique Frédérique Tutt, experte du secteur des jouets au sein de NPD.


Reuters/AFP

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