Constat d'impuissance à l'ONU au dixième anniversaire de la guerre en Syrie


Les Etats-Unis ont appelé lundi "la communauté internationale à ne pas se laisser berner par l'élection présidentielle à venir en Syrie", lors d'une session du Conseil de sécurité de l'ONU où aucune nouvelle initiative n'a été avancée pour relancer un processus de résolution politique "dans l'impasse". Ces élections ne seront ni libres ni équitables. Elles ne légitimeront pas le régime d'Assad" et "ne répondent pas aux critères de la résolution 2254 -- supervision de l'ONU ou conduites conformément à une nouvelle Constitution", a martelé l'ambassadrice américaine à l'ONU, Linda Thomas-Greenfield. Présidente en exercice du Conseil de sécurité, elle avait choisi de faire coïncider cette réunion mensuelle du Conseil avec le 10e anniversaire du début de la guerre, le 15 mars.


Sans être aussi catégorique que les Etats-Unis pour rejeter à l'avance le scrutin présidentiel syrien prévu a priori en juin, la France, qui a administré la Syrie de 1920 à 1946, a appelé à préparer un scrutin crédible. "Il s'agit de travailler à la mise en place d'un cessez-le-feu à l'échelle nationale, de préparer dès à présent la tenue d'élections libres et transparentes, sous supervision des Nations unies et auxquelles la diaspora pourra prendre part, sans lesquelles il n'y aura pas de règlement au conflit", a dit l'ambassadrice française adjointe, Nathalie Broadhurst.


En attendant, le processus en faveur d'un règlement politique ouvrant la voie à la paix en Syrie est "bloqué", "dans l'impasse", et sur fond de "crise économique profonde", relevait vendredi le représentant à Damas de la Croix-Rouge internationale (CICR), Philip Spoerri. "Les Syriens sont réellement désespérés", a-t-il indiqué à quelques médias dont l'AFP, en évoquant une "réalité vraiment déprimante" dans les camps de réfugiés où sans école les enfants "n'ont pas d'avenir".


Reuters/AFP