Covid-19: à Strasbourg, l'hôpital prépare ses infirmières à venir épauler la réanimation


Des gestes précis, des actions rapides, une maîtrise du stress: le nouvel hôpital civil (NHC) de Strasbourg offre à des infirmières venues d'autres services une formation express à la réanimation pour ne plus être pris au dépourvu par l'afflux de malades du Covid-19 gravement atteints.


"On vous monte Monsieur Muller, 50 ans, positif Covid, en détresse respiratoire", annonce au téléphone le Pr Julie Helms, professeur en réanimation médicale. A l'autre bout du couloir, le docteur Alexandra Monnier et trois jeunes infirmiers s'équipent de lunettes de protection, blouses, charlottes, masques FFP2 et préparent le nécessaire pour donner rapidement de l'oxygène à Monsieur Muller. Mais Monsieur Muller est un mannequin en plastique. Télécommandé par une formatrice, il geint, tousse, suffoque, répond oui ou non.


Regroupant l'hôpital civil et quatre autres établissements, les Hôpitaux universitaires de Strasbourg (HUS), où travaillent presque 12.000 personnes, sont encore loin de la saturation vécue lors de la première vague, au printemps. Vendredi, vingt lits de réanimation étaient encore disponibles sur 124. Mais cinquante étaient occupés par des patients Covid, un nombre qui a déjà doublé depuis début novembre. Pour disposer d'une "réserve" de soignants capables de venir donner un coup de main en réanimation en cas d'afflux important de cas graves de Covid-19, le NHC organise quatre sessions de quatre demi-journées de formation des gestes de base à destination de 60 infirmiers ou infirmières volontaires.


Avant les exercices pratiques autour du mannequin, les quatorze infirmières de la session de vendredi reçoivent explications et consignes sur la manière de bien s'équiper dans un service où chaque geste maladroit ou spontané peut être source de contamination pour le soignant. Suivent des questions-réponses sur les erreurs à éviter ou les signes cliniques à repérer chez des patients dont l'état peut se dégrader d'une minute à l'autre.


Reuters/AFP

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