Covid-19 : la question du consentement au coeur de la vaccination dans les Ehpad


40 à 60% des résidents en maisons de retraite souffrent de troubles cognitifs compliquant le recueil de leur consentement pour la vaccination contre le coronavirus. Lacampagne de vaccination contre le Covid-19, imminente dans les 7400 Ehpad de France, y est envisagée avec de nombreuses interrogations, en particuliersur le recueil du consentement.


Les premières vaccinations doivent avoir lieu "dès la dernière semaine de décembre", a annoncé le Premier ministre Jean Castex, en priorité pour les résidents des maisons de retraites. Chaque résident ne pourra être vacciné qu'à l'issue d'une consultation médicale préalable, qui permettra de l'informer des risques éventuels et de recueillir son consentement. D'ici quelques jours, les autorités doivent adresser aux professionnels un protocole précisant la marche à suivre, avec notamment des directives très attendues sur la manière de recueillir le consentement des personnes âgées atteintes de troubles cognitifs, tels que la maladie d'Alzheimer.


Ces patients constituent entre un tiers et deux tiers des résidents, selon les établissements, et le cadre juridique qui doit leur être appliqué n'est pas toujours clair, car la plupart ne sont pas placés sous tutelle ou curatelle. Le Syndicat national des établissements et résidences privés pour personnes âgées (Synerpa) avait notamment pointé les soucis logistiques engendrés par la nécessité de vacciner environ 600 000 personnes, dont certaines très méfiantes à l'endroit du vaccin.


Faudra-t-il formaliser ce consentement par écrit, comme l'ont demandé plusieurs représentants du secteur, soucieux d'éviter toute contestation ultérieure ? L'Association nationale des médecins coordonnateurs en Ehpad (MCOOR) "n'y est pas favorable", car ce formalisme "risque d'augmenter la défiance des résidents et de leurs familles" envers le vaccin, estime-t-il.


Reuters/AFP

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