Crise en Haïti: le président remplace le gouvernement


Le gouvernement en Haïti a présenté sa démission et un nouveau Premier ministre a été nommé, a annoncé mercredi 14 avril le président Jovenel Moïse, en précisant que ce changement visait à s'attaquer au problème aigu de l'insécurité dans le pays en crise. Le nouveau Premier ministre nommé est Claude Joseph, l'actuel ministre des Affaires étrangères. Le président Jovenel Moïse fait l’objet d'une forte vague de contestation de la part de l'opposition politique et d'une bonne partie de la population haïtienne, qui exigent son départ. Il en est à son sixième Premier ministre nommé en quatre ans de gouvernance. En effet, Haïti, pays des Caraïbes et nation la plus pauvre du continent américain, est gangréné par l'insécurité et notamment les enlèvements contre rançon menés par des gangs jouissant d'une quasi impunité. Dernier exemple de la dérive du pays, l'enlèvement dimanche 11 avril de dix personnes, dont sept religieux, près de Port-au-Prince. L'Eglise catholique haïtienne a dénoncé lundi l'inaction des autorités après ces faits. Les sept religieux sont toujours entre les mains de leurs ravisseurs. Autre illustration du danger d'anarchie généralisée planant sur le pays, l'évasion en février de plus de 400 détenus d'une prison en banlieue de la capitale, une opération au cours de laquelle ont été tuées 25 personnes. Claude Joseph remplace le Premier ministre Joseph Jouthe, qui est aussi le président du Conseil supérieur de la Police nationale et qui s'est révélé incapable, en un peu plus d'un an à la tête du gouvernement, de faire face à cette recrudescence de l'insécurité. Privé de Parlement, Haïti s'est encore enfoncé dans la crise en 2020 et le président gouverne par décrets, alimentant une défiance croissante à son encontre. Dans ce contexte instable, M. Moïse a décidé d'organiser en juin un référendum constitutionnel, dénoncé comme une mascarade par l'opposition.


AFP/Reuters