Début d'une conférence sociale à Matignon percutée par la crise


Le Premier ministre Jean Castex réunit les partenaires sociaux lundi à Matignon, à l'aune de la forte dégradation de la situation sanitaire, qui pourrait bousculer l'agenda social, notamment sur l'application de la sensible réforme de l'assurance chômage. La réunion doit permettre de faire "un point d'étape" sur les premiers chantiers lancés au ministère du Travail, notamment ceux en réponse à la crise, comme le suivi du plan jeunes, les reconversions professionnelles ou les métiers en tension.


Les ministres de l'Économie Bruno Le Maire et du Travail Élisabeth Borne figurent également parmi les présents, en compagnie du secrétaire d'État chargé des Retraites et de la Santé au travail, Laurent Pietraszewski.Les discussions devraient être fortement influencées par les conséquences des nouvelles mesures prises pour ralentir l'épidémie, notamment le couvre-feu, instauré dans 54 départements et qui risque de dégrader un peu plus la situation de l'emploi. Les conséquences du Covid-19 pour la vie des entreprises et des salariés risquent de s'inviter dans la discussion, alors que le gouvernement souhaite éviter un reconfinement général. La ministre du Travail Élisabeth Borne a assuré lundi que le protocole en entreprise "est efficace" et "très bien appliqué", rappelant que le télétravail est encouragé.


Parmi les points qui seront également abordés: les syndicats comptent demander à nouveau l'abandon de la réforme de l'assurance chômage, que l'exécutif avait accepté en juillet de suspendre jusqu'au 1er janvier. Celle-ci prévoit un durcissement de 4 à 6 mois de travail pour ouvrir des droits et une réforme du mode de calcul des allocations défavorable à ceux qui alternent chômage et contrats courts. Si l'exécutif refuse de remettre en cause la "philosophie" de la réforme, il se dit prêt à en bouger certains "paramètres" et la question d'un nouveau report "fera l'objet d'un tour de table", admet-on à Matignon.Dans un courrier au Premier ministre le 14 octobre, les cinq leaders syndicaux ont suggéré au gouvernement d'"annoncer que l'heure n'est pas de remettre à l'ordre du jour le sujet des retraites".


"Ce n'est pas un sujet immédiat", a confirmé Élisabeth Borne même si "c'est une réforme à laquelle le gouvernement est attaché". D'autres sujets pourraient davantage faire consensus, comme la modification de plusieurs dispositifs existants de reconversion professionnelle, comme les congés de mobilité et les congés de reclassement, afin de faciliter le passage d'un secteur touché par la crise à un secteur en tension.


Reuters/AFP

3 views