Dans son discours annuel, Poutine met en garde l’Occident


Washington et l'UE dénoncent depuis des semaines le déploiement de dizaines de milliers de soldats russes aux frontières de l'Ukraine. Ils critiquent sans relâche l'emprisonnement du principal détracteur du Kremlin, Alexeï Navalny, en grève de la faim depuis trois semaines et qui serait mourant selon ses proches. Le président russe a adressé une mise en garde à ses adversaires étrangers. Son porte-parole Dmitri Peskov a précisé aux agences russes que ces lignes concernaient les intérêts de Moscou, l'ingérence dans la vie politique intérieure et tout propos "insultant" pour le pays. La Russie, du fait du conflit en Ukraine, de la répression de l'opposition, d'accusations de cyberattaques, d'espionnage et d'ingérences électorales est sous le coup de multiples sanctions occidentales. Sur le plan intérieur, la crise économique et sanitaire due au Covid-19 a figuré en bonne place du discours, d'autant que des législatives sont prévues en septembre. Il a promis des aides supplémentaires aux familles ou encore de freiner l'inflation des prix alimentaires. Sur le plan sanitaire, M. Poutine a salué les succès scientifiques russes, avec l'élaboration de vaccins anti-Covid nationaux, qui doivent "permettre à l'immunité collective de se développer à l'automne". A l'approche des élections, Vladimir Poutine reste populaire, mais son parti, réputé corrompu, ne l'est guère. Selon le baromètre de l'institut Levada de mars, les intentions de vote pour Russie Unie sont à 21%. Une impopularité sur laquelle M. Navalny comptait s'appuyer durant la campagne. Sans surprise, M. Poutine n'a dit mot du sort d'Alexeï Navalny.



AFP/Reuters