Des milliers de policiers rassemblés devant l'Assemblée, la justice ciblée


"Le problème de la police, c'est la justice !": la magistrature a été la cible des syndicats, mercredi 19 mai, devant l'Assemblée nationale où des milliers de policiers se sont rassemblés, deux semaines après le meurtre du brigadier Eric Masson et à l'approche d'importantes échéances électorales. Selon les organisateurs, plus de 35.000 personnes ont répondu à l'appel des syndicats de policiers. Très critiquée par l'opposition, la venue de Gérald Darmanin s'est déroulée sans heurts, aux sons des klaxons et des sifflets des policiers en manifestation. Le garde des Sceaux Eric Dupond-Moretti, absent du rassemblement, était la cible des manifestants et des syndicats, qui réclament une réponse pénale plus forte, et notamment que des peines planchers soient infligées aux agresseurs de policiers. Les syndicats réunis en intersyndicale avaient souhaité une mobilisation "sans récupération politique" alors que la sécurité s'est imposée comme l'un des principaux thèmes de campagne des régionales dans un mois, et de la présidentielle dans un an. Cependant, du RN au Parti communiste, en passant par le PS et l'écologiste Yannick Jadot, des élus de tous bords se sont joints au rassemblement. Selon les responsables syndicaux, beaucoup de policiers voient dans la mort du brigadier un symbole des violences répétées à leur encontre. Depuis Avignon, le gouvernement a déjà donné des gages aux syndicats, reçus le 10 mai à Matignon. Le Premier ministre Jean Castex s'est notamment engagé à étendre à trente ans la période de sûreté pour les personnes condamnées à perpétuité pour un crime contre un policier ou un gendarme. Le gouvernement a déposé ce mercredi 19 mai un amendement en ce sens dans le cadre de l'examen au Palais Bourbon du projet de loi pour la "confiance" dans la justice d'Eric Dupond-Moretti qui devrait être voté dans la semaine.


AFP


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