Dix ans de guerre en Syrie et pas de paix en vue


Après une décennie d'une violence inouïe et une tragédie humaine ayant fait de la guerre en Syrie le conflit le plus marquant du début de ce siècle, les combats ont baissé en intensité mais les plaies restent grandes ouvertes et la paix lointaine. L’économie est dévastée, et 60% de la population vit en situation d'insécurité alimentaire selon l’ONU. En une décennie, près de 400 000 personnes ont péri, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), basé en Grande-Bretagne. La plupart des 117 000 victimes civiles ont été tuées par le régime. La moitié de la population d'avant-guerre (22 millions d'habitants) a été poussée à la fuite, le plus vaste déplacement causé par un conflit depuis la Seconde Guerre mondiale. Pourtant en 2011, le régime de Bachar al-Assad semblait en passe de s'écrouler, emporté par la vague du Printemps arabe qui a fait vaciller des dictatures arabes au pouvoir depuis des décennies. Faisant fi des condamnations internationales, le pouvoir a eu recours aux armes chimiques pour annihiler des poches de résistance, largué des barils d'explosifs sur des quartiers résidentiels et utilisé des tactiques moyenâgeuses de sièges affamants contre les bastions rebelles. Le chaos va permettre l'expansion fulgurante du groupe État islamique. Pour défendre leurs intérêts respectifs, les États-Unis, l’Iran, la Turquie, la Russie ou encore Israël sont intervenus en Syrie. Aujourd'hui le régime contrôle environ deux-tiers du territoire, dont les principales métropoles. Mais de vastes régions lui échappent encore. Une trêve avec le régime, globalement respectée, est en place à Idleb depuis mars 2019. "La meilleure des pires options qui se posent aujourd'hui, c'est une impasse prolongée", estime la chercheuse Dareen Khalifa, de l'International Crisis Group. En attendant, au pouvoir depuis 2000, M. Assad devrait remporter sans encombre un 4ème mandat durant les élections présidentielles qui se tiendront cet été.


Reuters/AFP