Djibouti, confetti à haute valeur stratégique pour Paris, et bien d'autres


Ilot de stabilité prisé dans une région troublée, Djibouti offre un point d'appui stratégique à la France qui compte bien y maintenir sa plus grande base militaire à l'étranger, à l'issue de la renégociation de ses accords de défense avec le petit Etat d'Afrique de l'Est.


Le président Emmanuel Macron devrait recevoir vendredi à l'Elysée son homologue Ismaïl Omar Guelleh, après lui avoir rendu visite en mars 2019.


Liée à l'ancienne colonie française par des accords signés en 1977 puis 2011, Paris a de multiples raisons de vouloir conserver sa place sur ce confetti d'un million d'habitants, situé à quelques encablures du détroit stratégique de Bab-el-Mandeb, où transite une grande part du commerce mondial entre Asie et Occident. De la base terrestre, les 1.500 militaires français peuvent accueillir et projeter rapidement des forces en cas de crise dans la sous-région, vers l'océan Indien ou le Moyen-Orient.


Mais la concurrence est rude. Au cours des vingt dernières années, tandis que le contingent militaire français était divisé par deux, plusieurs grandes puissances ont pris pied à Djibouti, offrant une précieuse rente aux autorités. Depuis 2002, les Etats-Unis y disposent de leur unique base permanente en Afrique (4.000 soldats), d'où ils mènent des opérations antiterroristes contre les shebabs somaliens et Al-Qaïda dans la péninsule arabique (Aqpa). Japonais et Italiens se sont également installés pour contribuer à la lutte contre la piraterie dans la région. Quant à la Chine, arrivée en 2017, elle possède aujourd'hui un port et une base militaire propres à sécuriser ses énormes intérêts économiques (transports, industrie, énergie...) dans la région. La Russie, elle, n'est pas loin : en décembre, Moscou a conclu avec le Soudan un accord l'autorisant à créer une base navale pouvant accueillir jusqu'à 300 personnes.


Reuters/AFP

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