Donald Trump, l’Amérique et moi d’abord


Dans une présidence saturée de scandales, qui contraste singulièrement avec celle de Barack Obama, le septuagénaire au populisme décomplexé a abîmé la fonction, attaqué juges, élus et fonctionnaires, et alimenté les tensions raciales.Au-delà de ses frontières, il a rudoyé les alliés des Etats-Unis, fait preuve d'une troublante fascination pour les dirigeants autoritaires, de Vladimir Poutine à Kim Jong Un, et donné un brutal coup de frein à la mobilisation sur le climat.


Comme il l'avait annoncé, il a jeté aux orties nombre de traités ou pactes âprement négociés, au premier rang desquels l'accord de Paris sur le climat, conclu par la quasi-totalité des pays de la planète pour tenter de limiter le redoutable emballement de la machine climatique.Il a déchiré l'accord durement négocié par son prédécesseur, a fait monter la pression sur Téhéran jusqu'à l'élimination du puissant général iranien Qassem Soleimani, mais n'a jamais présenté de véritable stratégie.Le grand plan de paix au Proche-Orient, confié à Jared Kushner, gendre et conseiller paré de toutes les qualités, n'a jamais abouti. Il peut cependant revendiquer d'avoir fait bouger les lignes dans la région en parrainant la normalisation des relations entre l'Etat hébreu avec trois pays arabes: les Emirats arabes unis, Bahreïn et le Soudan.


Dans la géopolitique complexe et mouvante du XXIe siècle, Donald Trump a personnellement pris pour cible Justin Trudeau, Emmanuel Macron, Angela Merkel et Theresa May.La mise en garde la plus cinglante n'est pas venue de ses adversaires politiques mais de Jim Mattis, chef du Pentagone. Dans sa lettre de démission, ce général rappelait, à l'adresse du président des États-Unis, une règle simple de la diplomatie: "Traiter les alliés avec respect".


AFP/Reuters