Droits des femmes : des milliers de personnes défilent pour les "premières de corvées"


"Quand les femmes s'arrêtent, tout s'arrête !" : des dizaines de milliers de manifestants ont défilé lundi à Paris et dans plusieurs grandes villes de France, pour dénoncer la persistance des inégalités subies par les femmes, que la crise sanitaire et les confinements ont encore renforcées.


Écarts de salaires, discriminations, violences sexuelles et sexistes : les "premières de corvées" étaient appelées à se mettre en "grève féministe" comme le proclamait la banderole de tête du cortège parisien, qui a rassemblé dans une ambiance festive de 3 600 à 30 000 personnes, selon la police et les organisateurs. Les manifestants étaient environ 3 800 à Toulouse, 1 700 à Rennes, 1 600 à Nantes, 500 à Lille et 350 à Strasbourg.


"Le 8 mars est toujours l'occasion de rappeler la réalité en France : 250 viols ou tentatives de viol par jour, près de 32% des femmes harcelées sexuellement au travail et 16% de la population française qui a subi des violences sexuelles dans l'enfance", a souligné la militante féministe Caroline De Haas, du collectif #noustoutes. Pendant la crise du Covid, "les écoles ont été fermées et les excisions et les mariages forcés ont augmenté", a observé la comédienne ivoirienne Naky Sy Savané.


Symboliquement, les femmes étaient appelées à s'arrêter à 15h40, heure théorique où elles cessent d'être rémunérées compte tenu de l'écart moyen de salaire avec les hommes, tous contrats confondus (environ 25%). Dans un rare communiqué commun, sept des huit grandes organisations syndicales ont réclamé l'ouverture de négociations pour "revaloriser les salaires des métiers à prédominance féminine". La ministre déléguée à l'Égalité femmes-hommes Elisabeth Moreno s'est dite favorable à des "quotas" de femmes dans les comités de direction des entreprises.


Reuters/AFP

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