Du métro au supermarché, la reconnaissance faciale s'insinue dans la vie des Russes


Des caméras quadrillant la ville aux portiques des métros et aux caisses des supermarchés, la reconnaissance faciale progresse à grande vitesse en Russie, entre progrès technologique et craintes de dérives au bénéfice des autorités. Le premier groupe de distribution du pays X5, auquel appartiennent les omniprésents supermarchés Perekrestok et Pyaterotchka, s'est associé au système de paiement Visa ainsi qu'à Sberbank, première banque russe et géant public aujourd'hui en pleine mutation en mastodonte numérique. De 52 actuellement à Moscou, le nombre de supermarchés connectés au système doit être porté à 3.000 dans toute la Russie d'ici fin 2021, a précisé à l'AFP Ivan Melnik, directeur de l'innovation chez X5. "C'est pratique, il ne faut pas avoir son portefeuille sur soi ou sortir son téléphone de sa poche, il faut juste appuyer sur un bouton et payer avec son visage", explique M. Melnik. Il assure également que ces transactions sont "sûres, sécurisées, cryptées", et les tentatives d'usurpation d'identité exclues grâce à une caméra 3D qui mesure la profondeur du visage. A Moscou, la municipalité a encore renforcé son gigantesque arsenal de plus de 100.000 caméras de surveillance - un des plus importants du monde - et l'a utilisé pour contrôler le respect du confinement et des quarantaines liés à la pandémie. Le métro de Moscou a commencé en septembre 2020 à monter des caméras de reconnaissance faciale sur ses portiques dans l'immédiat pour surveiller, et bientôt pour payer. "Seules les personnes figurant sur la liste des personnes recherchées sont contrôlées", affirmait dans une interview sur Lenta.ru début mars Andreï Kitchiguine, chef adjoint du métro chargé de la sécurité. Si le consentement sera requis pour les paiements, cela n'est pas le cas pour les caméras municipales utilisant la reconnaissance faciale pour arrêter des présumés criminels.


Reuters/AFP