Durkheim et le suicide


Né en 1858, Emile Durkheim suit ses études à l'École Normale Supérieure où il obtient l'agrégation de philosophie en 1882. Il devient alors professeur de « sciences sociales et éducation ». Parallèlement, il rédige des ouvrages fondamentaux pour la recherche en sciences sociales comme De la division du travail social (1893) ou encore Le Suicide : étude de sociologie (1897). Durkheim offre une conception déterministe du comportement. Selon lui, l’individu s’incline devant des forces qui le dépassent et dont il ne se rend pas compte.


Dans son œuvre Le Suicide, Durkheim montre le rapport des événements sur le lien social et le suicide, fait sociétal relativement stable et parallèle au nombre de morts global. Cependant, quelques variations viennent troubler cette constance : lors de fortes cohésions sociales on peut remarquer une baisse brusque du taux de suicide. De plus, dans son analyse, Durkheim met en avant des variations concomitantes : Le taux de suicide est supérieur chez les hommes que chez les femmes, plus élevé chez les célibataires ainsi que chez ceux en charge d’enfants.


Selon Durkheim, ces statistiques s’expliquent par l’intégration plus ou moins forte de l’individu, ainsi que par la régulation (les contraintes) plus ou moins élevée à laquelle il est soumis. De ces deux axes, il établit une typologie du suicide en en relevant 4 formes : le suicide altruiste (dû à une intégration trop élevé), le suicide égoïste (fruit d’une intégration trop faible), le suicide fataliste (résultat de régulations trop fortes et pesantes) et le suicide anomique (s’expliquant par une régulation trop peu élevée).


Cette analyse sociale est d’autant plus pertinente actuellement car elle peut nous permettre de comprendre les conséquences de la crise du covid en termes de suicides.


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