Ecologie de "bon sens" ou sans ambition ? L'Assemblée plonge dans la loi climat


Au lendemain de marches partout en France pour réclamer une "vraie loi climat", l'Assemblée nationale a démarré lundi 29 l'examen d'un projet de loi "d'écologie pratique" et de "bon sens" selon le gouvernement, mais fustigé par les écologistes pour son "manque d'ambition". La ministre de la Transition écologique Barbara Pompili a loué à la tribune une "véritable bascule culturelle globale", qui va modifier "nos modes de vie", avec des mesures comme la suppression des vols intérieurs en cas d'alternatives de moins de 2 heures 30 en train, ou l'interdiction de mise en location des passoires thermiques en 2028 (logements classés F et G). La majorité espère rendre "crédible" l'objectif de réduction de 40% des émissions de gaz à effet de serre en 2030 par rapport à 1990. "Pour une vraie loi climat Stop au blabla": les militants écologistes ont pourtant vivement critiqué le gouvernement dimanche 28 dans les rues de nombreuses villes. Quelque 110.000 personnes au total ont défilé selon les organisateurs, 44.000 selon le ministère de l'Intérieur. Après le dépôt de plus de 7.000 amendements, trois semaines de discussions agitées démarrent au Palais Bourbon. En commission, les députés ont renforcé certaines dispositions, dont le développement du vrac dans les grandes surfaces, et en ont édulcoré d'autres, comme l'article suggérant de recourir à un système de consigne pour les bouteilles en verre. La majorité promet des "avancées" sur la rénovation thermique des logements avec une "trajectoire financière" et un "accompagnement" des ménages. L'interdiction de location des logements mal isolés sera étendue à ceux classés E en 2034. Des mesures en faveur du vélo, dont l'élargissement de la prime à la conversion, sont aussi attendues. Quant au volet publicité, les députés pourraient définir plus précisément le "greenwashing" des entreprises, afin de mieux le sanctionner.


AFP/Reuters



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