En quoi la Rave Party qui a eu lieu en Ille-et-Vilaine reflète un déni de la crise sanitaire ?


Un Nouvel an subversif en Ille-et-Vilaine : 2400 personnes se sont réunies pendant 36 heures à Lieuron au sud de Rennes. Incapables d'arrêter la fête, les forces de l'ordre ont tout de même été obligées de rester sur place pour garantir l'ordre public. Beaucoup se demandent pourquoi cette fête a eu lieu en pleine crise sanitaire. Lorsque l'on demande à Max, un des organisateurs de la soirée, il répond : “Parce qu'on en a marre de ce monde qui part en vrille”, et il affirme ne rien regretter, car selon lui “On a besoin de ça”. Malgré l’absence de regret et l’audace des organisateurs, on compte tout de même 1200 verbalisations et 5 interpellations effectuées. Les gendarmes étaient encore sur place à 9h du matin, pour évacuer les "teufeurs" restants.


Le besoin de vivre n’est pas nouveau dans la bouche et dans le cœur des français, teufeurs ou non. Mais tous n’ont pas l’audace ou l'absence totale de peur de se réunir et de se contaminer. Sur certaines photographies prises lors de la Rave, une personne sur cinq porte son masque. La moyenne d’âge tourne autour de 25 ans. Mais il y avait aussi des personnes à risque. Tous ces fêtards ont-ils déjà été contaminés, ont-ils perdu des proches ? La question se pose. L’épidémie doit-elle nous toucher de près pour qu’il y ait une prise de conscience et un respect des mesures sanitaires en France ?


On pourrait dire qu'il y a un manque de respect des mesures sanitaires en France. Comme le dit l’organisateur, la population étouffe : cette Rave était un semblant de révolte. Un premier confinement, un deuxième confinement partiel puis peut-être un troisième. L'impossibilité de se retrouver le soir autour d’un verre. Le “devoir” de rentrer rapidement chez soi et de ne pas être en contact avec trop de monde. Le Nouvel An est une fête symbolique et les teufeurs avaient besoin de faire la fête sous ce symbole de renouveau. Ils se sont dit que cela était possible car, au vu du nombre de personnes présentes, la rave était inarrêtable.


Les teufeurs étaient bien conscients de leur faute. Ils ne s'attendaient néanmoins peut-être pas à ce que l'un des organisateurs risque 10 ans de prison. La peine qu’il encourt est sûrement destinée à donner l'exemple. Pour l'instant, elle sonne comme une forme de rappel des risques causés par la crise sanitaire.



Auteur: Aubépine

Rédacteur en chef: Aurélien Vurli

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