En quoi les tensions entre l’Occident et la Russie relèvent-elles d'anciens différends ?


Depuis l’arrivée de Joe Biden au pouvoir, les relations entre la Russie et l’Union européenne se sont fortement dégradées. Les Etats-Unis ont instauré de nouvelles sanctions, et la Russie a riposté en mobilisant ses troupes à la frontière ukrainienne. Dans son discours annuel du mercredi 21 Avril, Poutine menaçait de représailles quiconque franchira la “ligne rouge”. On reproche régulièrement à la Russie de ne pas respecter le droit international, notamment avec l’annexion de la Crimée en 2014. Cette volonté de s’imposer sur la scène internationale est en fait une réaction à la marginalisation du pays de cette même scène durant plusieurs décennies. En effet, depuis la victoire de la démocratie libérale après la guerre froide, l'Occident tend à vouloir imposer son modèle en ignorant les voix dissidentes. La forme la plus explicite de cette marginalisation fut l’extension de la zone d’influence de l’OTAN jusqu’en Ukraine pour y placer un bouclier antimissile. Cette décision rompait avec “l’Acte fondateur sur les relations, la coopération et la sécurité mutuelles entre l’OTAN et la Russie” signé en 1997. La Russie a interprété ce geste comme un signal de mépris venant de l’Occident qui profitait de son infériorité. De ce fait, l’annexion de la Crimée est apparue comme une façon de récupérer un territoire qui, selon elle, lui avait été injustement retiré à la fin de la guerre froide. Cette annexion a été naturellement suivie de sanctions de la part de la communauté internationale. Dès lors, ce cercle vicieux perdure en marginalisant encore plus la Russie sans permettre d’adoucissement durable des tensions. Les mésententes s’étaient momentanément apaisées avec l’arrivée de Trump, qui a la même vision que Poutine des relations internationales : un espace où chacun défend ses intérêts comme il l’entend et où il n’y a ni de bonne ni de mauvaise façon de justifier l’ingérence d’un pays sur un autre. Avec un Joe Biden nettement plus libéral, les relations ne risquent pas de s’améliorer.


Auteur: Alice

Rédacteur en chef: François Ladouce