Ethiopie: l'armée accuse le directeur éthiopien de l'OMS de soutenir le Tigré


L'armée éthiopienne a accusé jeudi le directeur de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS), l'Ethiopien Tedros Adhanom Ghebreyesus, originaire du Tigré, de chercher soutiens et armement pour cette région dissidente dont elle affronte les troupes depuis quinze jours. M. Tedros "a oeuvré dans les pays voisins à condamner la guerre" que mène le gouvernement fédéral éthiopien aux autorités régionales du Tigré (Nord) depuis le 4 novembre, "il a oeuvré pour leur obtenir des armes", a affirmé le chef d'état-major de l'armée fédérale éthiopienne, le général Berhanu Jula. Le directeur de l'OMS n'a "négligé aucune piste" pour aider le Front de libération du Peuple du Tigré (TPLF), parti qui dirige la région du Tigré et défie depuis plusieurs mois l'autorité du gouvernement fédéral, a-t-il ajouté. Premier ministre depuis 2018 et prix Nobel de la paix l'année suivante, M. Abiy a lancé le 4 novembre une opération militaire au Tigré contre les forces du TPLF, qu'il accuse de chercher à déstabiliser le gouvernement fédéral et d'avoir attaqué deux bases militaires éthiopiennes dans la région, ce que nient les autorités régionales. Le porte-parole de la cellule de crise gouvernementale pour le Tigré, Redwan Hussein, a affirmé que l'armée fédérale "se rapprochait de Mekele", capitale régionale du Tigré, et avait pris la localité de Shire, dans le Nord du Tigré, où des combats étaient signalés ces derniers jours. Ces affirmations sont impossibles à vérifier de source indépendante. Aucun bilan précis de l'offensive militaire, entrée dans sa troisième semaine et impliquant notamment des bombardements aériens, n'est disponible, et la région est quasiment coupée du monde. Mais les combats ont fait plusieurs centaines de morts et, selon le chef de la Commission soudanaise des réfugiés, ont contraint au moins 36.000 Ethiopiens à fuir au Soudan voisin.


Reuters/AFP