Ethiopie: les autorités du Tigré revendiquent le tir de roquettes sur l’Erythrée


Le président de la région éthiopienne dissidente du Tigré a revendiqué dimanche les tirs de roquettes qui ont frappé la veille la capitale de l'Erythrée frontalière, accusant à nouveau l'armée d'Asmara d'aider l'armée éthiopienne qui combat les forces du Tigré. Les autorités érythréennes n'ont pas réagi dans l'immédiat.


Samedi 14 novembre, le Commandement des forces du Tigré avait accusé l'Erythrée de prêter main forte à l'armée fédérale éthiopienne en laissant son aviation décoller du territoire érythréen, mais aussi en intervenant militairement dans les combats au Tigré.


L'Erythrée est l'ennemi juré du Front de libération des Peuples du Tigré (TPLF), parti qui dirige la région du Tigré et a contrôlé durant presque 30 ans l'appareil politique et sécuritaire en Ethiopie. Les tirs contre Asmara sont une escalade majeure dans le conflit au Tigré, dont de nombreux observateurs craignent non seulement qu'il entraîne l'Ethiopie, deuxième pays le plus peuplé d'Afrique et mosaïque de peuples, dans une guerre communautaire incontrôlable, mais aussi qu'il déstabilise toute la région de la Corne.


Ethiopie et Erythrée se sont affrontées dans une guerre meurtrière entre 1998 et 2000, à l'époque où le TPLF était tout-puissant à Addis Abeba. Les deux pays sont restés à couteaux tirés jusqu'à ce que Abiy Ahmed devienne Premier ministre en 2018 et fasse la paix avec Asmara, ce qui lui a valu le prix Nobel en 2019.


M. Abiy a lancé le 4 novembre une opération militaire au Tigré pour y installer des "autorités légitimes", après des mois de tensions avec le TPLF, qu'il a progressivement écarté ces dernières années du pouvoir à Addis Abeba.


Reuters/AFP

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